LA CRISE, QUELLE CRISE ?
Avec en permanence entre 4 et 500
maisons à vendre, nous pouvons entrevoir l’évolution des prix avec quelque
crédibilité. Il convient au préalable de
poser le cadre de la crise, ou plutôt les cadres.
La crise avant la crise
Le gros du marché immobilier dans
notre région est constitué de villas à vendre à des prix situés entre 200 et
300 000 €.
Construites entre 1980 et 2000
avec des budgets de l’ordre de 120 à 150 000 € valeur actuelle de la
construction et des terrains, leurs prix se sont envolés d’abord par la
raréfaction des terrains, et d’une manière générale par une demande supérieure
à l’offre. En outre les propriétaires ont encore creusé l’écart en aménageant
vérandas, piscines, clôtures, jardins, terrasses, garages, etc.
Le marché de déséquilibra
inexorablement avec une offre à des prix ne correspondant plus aux possibilités
des acheteurs. Et comme les vendeurs ne baissèrent pas leur prix, le nombre des
ventes commença à baisser dès l’automne 2007.
La crise actuelle
La dessus, la « crise »
internationale est arrivée avec la destructrice course au catastrophisme des
commentateurs (la catastrophe attire l’auditeur et fait par conséquent vendre
de la pub), et la demande fléchit.
Coté vendeur, contrairement à
l’américain habitué à jouer en bourse, le français est mauvais perdant. Il veut
bien que la valeur de son patrimoine augmente de 50 % en quelques années, mais
n’accepte pas que celle-ci baisse un jour de 10 ou 20 %. Si bien que de nombreux vendeurs demanderont
encore en novembre 2008 un prix que leur maison n’a jamais valu !
La crise qui couve
Il y aurait plusieurs dizaines de milliers de prêts
relais accordés en fonction d’estimations surévaluées. Pour les accorder, les
banques ne se sont pas fait prier : deux mandats de vendre donnés à des
agences suffisaient, et peu importe la valeur réelle.
La sub-prime à la française est
contenue avec des prorogations de prêt relais, mais il faudra bien payer un
jour. C’est à dire : soit vendre avec un écart de prix considérable puis
payer la différence avec un prêt à long terme, soit vendre celle qu’on acheté
et revenir dans la première. Ce jour là, les vendeurs se souviendront amèrement
des « mauvaises » agences qui ne donnaient pas assez cher de leur
maison, et celles qui leur avaient dit ce qu’ils voulaient entendre.
Quelle va être l’évolution des prix ?
On a vu trop de soit disant
experts économiques – surtout experts en combines pour passer à la télévision
avec un cachet à la clef - jouer aux
voyants, pour faire de même. Nous pouvons donc tout au plus comme des vrais
experts, nous exprimer en termes de probabilité « toutes choses étant
égales par ailleurs » pour reprendre l’expression des économistes.
La question clef est de savoir où
en est l’équilibre du marché.
Actuellement, ne se vendent que
les maisons dont les prix ont été ajustés à la demande, et cette baisse devrait
se généraliser à l’affichage lorsque la plupart des vendeurs seront enfin
résignés. Reste donc à savoir si la baisse générale poussera encore à la
baisse.
Or, si les vendeurs vont finir
par être pressés de vendre, les acheteurs vont aussi finir par être pressés
d’acheter. De plus, avec une baisse de 15 à 20 % l’offre va mieux correspondre
à leur budget.
En enlevant d’un coté ceux qui
renonceront à vendre et ceux qui renonceront à acheter – plus nombreux car
freinés par la peur de la crise de l’emploi -, on devrait en rester sur les
prix actuellement pratiqués (par opposition aux prix affichés) dans la tranche
200- 300 qui passerait à 175 - 250, mais cette baisse devrait s’étendre à la
tranche supérieure par contrecoup.
Il va y avoir une forte demande
en dessous de 170-200 par manque de produits, et les « châteaux »
sont moins concernés par la crise – ce qui signifie qu’ils le sont quand même
-.
A plus long terme
Dés avant la crise, un bon nombre
d’élus avaient faussé le marché du terrain à bâtir par une rétention pour
raisons électorales, puis ceux-ci ont été contraints à de très nombreux
déblocages. A la baisse des prix liée à une brutale augmentation de l’offre,
s’ajoute maintenant la crise. Les lotisseurs qui avaient payé les terrains au
prix fort sont en mauvaise posture.
La construction est en panne dans
l’attente d’une baisse du prix des terrains qui va être beaucoup plus
importante que sur le bâti.
Les belles maisons de pierre
semblent moins touchées par la baisse. La demande reste forte – même si la
concrétisation suit moins -.
Posséder un château en France
semble devoir être le « must » sur le plan international. La
valeur des belles propriétés d’agrément
ou agricoles est assurément voué à une augmentation telle que les français
n’auront plus les moyens de suivre. Les chinois commencent à arriver. Elles
sont assurément un excellent placement dès 600 000 € à condition de ne pas
en altérer le charme.